Urgences : y aller ou pas

Crise d'angoisse ou crise cardiaque : comment savoir ?

Mis à jour le 7 septembre 2026 · Relu par Dr Romain Gattegno · 5 références scientifiques

Une douleur dans la poitrine, des palpitations, la peur de mourir : sur le moment, impossible de trancher seul. Ce guide vous aide à décider, minute par minute, et précise les signes qui imposent un appel immédiat au 15. Vous trouverez ci-dessous les questions qu'un médecin poserait pour évaluer votre situation, puis la marche à suivre selon le niveau d'urgence.

Quand appeler le 15 sans attendre

  • Douleur thoracique survenue à l'effort, même si elle s'est calmée depuis.
  • Première crise de ce type après 40 ans.
  • Antécédent personnel de maladie cardiaque : infarctus, angine de poitrine, pontage ou pose de stent.
  • Douleur qui dure plus de quelques minutes ou qui ne cède pas quand le calme revient.
  • Malaise avec perte de connaissance, même brève, ou sueurs froides accompagnées de nausées.
  • Douleur qui irradie vers le bras, la mâchoire ou le dos, avec ou sans essoufflement.

En cas de doute, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Ces situations relèvent des urgences, pas d'une recherche en ligne.

Où aller, selon votre situation

Entre appeler le 15 et attendre le lendemain, il existe plusieurs recours. Voici lequel correspond à quelle situation.

  1. Appelez le 15 immédiatementLa douleur est apparue brutalement, serre la poitrine et irradie vers le bras ou la mâchoire, avec sueurs, nausées ou malaise.Composez immédiatement le 15 ou le 112. Restez au téléphone, asseyez-vous ou allongez-vous, ne mangez pas, ne buvez pas et ne conduisez pas. Ouvrez la porte si vous êtes seul.
  2. Appelez le 15 avant de vous déplacerLa douleur est moins intense, mais c'est la première fois après 40 ans, elle survient à l'effort, vous avez un antécédent cardiaque, ou elle ne disparaît pas malgré le calme.Appelez le 15 et laissez le médecin régulateur évaluer. Il vous dira si vous devez vous déplacer, vers quelle structure, et comment vous y rendre sans prendre de risque.
  3. Médecin de garde (116 117)Les symptômes se sont calmés, aucune alerte cardiaque n'a été retenue par le 15 et il est tard, un dimanche ou un jour férié.Composez le 116 117 pour être mis en relation avec un médecin de garde. Continuez à surveiller votre état en attendant la consultation.
  4. Médecin traitant, sans urgenceLa douleur a disparu, elle était brève, liée à une émotion, et vous n'avez aucun des signes d'urgence listés plus haut.Consultez votre médecin traitant rapidement pour faire le point et ne répétez pas l'épisode sans avis médical. Une première manifestation mérite toujours une exploration.
  5. Surveillance à domicileUn médecin a formellement écarté une cause cardiaque et vos crises d'angoisse sont déjà connues et prises en charge.Surveillez l'évolution en évitant les déclencheurs comme la caféine en excès. Si les crises se répètent, reparlez-en à votre médecin pour adapter la prise en charge.

L'accès aux urgences est régulé dans un nombre croissant de départements, la nuit en particulier : un appel au 15 avant de se déplacer permet de savoir ce qui est ouvert et accessible près de chez vous à cet instant. Cette page ne peut pas le savoir à votre place.

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Les questions que votre médecin va vous poser

Un médecin ne cherche pas à deviner : il suit une trame précise pour caractériser un symptôme. Voici celle qui s'applique ici — et ce que vos réponses lui apprennent réellement.

Depuis quand exactement la douleur ou la crise a-t-elle commencé ?

Pourquoi cette question : Le médecin cherche à savoir si c'est brutal et récent, ou si cela dure depuis des heures.

Une douleur qui s'installe brutalement et qui persiste doit être prise au sérieux. Une crise d'angoisse atteint son maximum en quelques minutes puis redescend souvent assez vite, mais cela ne suffit pas à écarter un problème cardiaque.

La douleur est-elle apparue à l'effort ou au repos ?

Pourquoi cette question : L'effort augmente le besoin en oxygène du cœur. Une douleur qui survient en marchant, en montant des escaliers ou lors d'une émotion forte évoque une origine cardiaque.

Une douleur qui apparaît à l'effort et cède à l'arrêt est un signal classique d'angine de poitrine. Une douleur qui survient au repos, en particulier la nuit, peut être une crise d'angoisse, mais elle peut aussi révéler un problème cardiaque. Dans tous les cas, elle ne doit pas être ignorée.

Où sentez-vous la douleur et diffuse-t-elle ailleurs ?

Pourquoi cette question : La localisation et l'irradiation orientent le médecin vers une origine cardiaque ou une autre cause.

Une douleur située au milieu du thorax, en barre, qui irradie vers le bras, l'épaule, la mâchoire ou le dos, est évocatrice d'une douleur cardiaque. Certains infarctus ne provoquent aucune irradiation. L'absence d'irradiation ne permet donc pas de conclure que tout va bien.

Comment décririez-vous cette douleur : serrement, brûlure, coup de poignard, oppression ?

Pourquoi cette question : Le caractère de la douleur est un indice, mais seulement un indice.

La douleur cardiaque est souvent ressentie comme un étau, un poids ou une bande qui serre la poitrine. Les douleurs très brèves et vives, augmentées par la respiration ou la pression, sont plus souvent musculaires. Il existe beaucoup d'exceptions, donc la sensation seule ne suffit pas à faire le diagnostic.

Qu'est-ce qui déclenche la douleur, ce qui la calme ou ce qui l'aggrave ?

Pourquoi cette question : Les facteurs qui modifient la douleur donnent des informations sur son origine.

La douleur cardiaque ne cède généralement pas au changement de position et peut revenir au même niveau d'effort. Une douleur qui augmente quand on appuie sur la poitrine ou quand on inspire est plutôt d'origine pariétale. Mais ces signes ne sont pas fiables à 100 % et ne doivent pas retarder un avis médical.

Avez-vous d'autres symptômes : sueurs, nausées, essoufflement, malaise, peur de mourir ?

Pourquoi cette question : Les symptômes qui accompagnent la douleur aident à évaluer la gravité et le retentissement sur le corps.

Sueurs, nausées, oppression et peur de mourir existent à la fois dans les crises d'angoisse et dans les infarctus. En revanche, une véritable perte de connaissance, un essoufflement qui persiste ou des sueurs froides abondantes sont des signes de gravité. Ils imposent un appel immédiat au 15.

Les causes les plus fréquentes

Cette liste couvre les situations courantes, pas les cas rares. Seul un examen clinique permet de trancher.

Crise d'angoisse ou attaque de panique

Le cœur s'emballe, la poitrine est serrée, on a l'impression d'étouffer ou de mourir. Cette crise est spectaculaire, mais elle ne bouche pas une artère. Le problème, c'est qu'elle peut ressembler trait pour trait à un infarctus : seul un avis médical permet d'écarter une urgence cardiaque.

Problème cardiaque (angine de poitrine ou infarctus)

Une artère du cœur se rétrécit ou se bouche, et le muscle cardiaque manque d'oxygène. La douleur est souvent un serrement derrière le sternum, parfois ressentie dans le bras, la mâchoire ou le dos, avec des sueurs et des nausées. Dans ce cas, chaque minute compte et il faut appeler le 15.

Trouble du rythme cardiaque

Le cœur bat trop vite, trop lentement ou de façon irrégulière. Cela peut provoquer des palpitations, une oppression, des vertiges ou un essoufflement. Certains troubles du rythme sont bénins, d'autres beaucoup moins. Seul un électrocardiogramme, c'est-à-dire un enregistrement de l'activité électrique du cœur, permet de trancher.

Douleur de la paroi thoracique

Les muscles, les côtes ou les cartilages du thorax peuvent être irrités, souvent après un effort, une toux ou une position prolongée. La douleur est alors reproduite quand on appuie sur la zone et peut s'aggraver en respirant. C'est généralement bénin, mais cela ne se distingue pas d'une douleur cardiaque sans examen médical.

Remontées acides (reflux)

Les brûlures d'acide remontent derrière le sternum et peuvent imiter une douleur cardiaque, surtout après un repas ou en position allongée. C'est une cause fréquente d'oppression thoracique, non grave en soi. Encore faut-il qu'un médecin ait vérifié que le cœur n'est pas en cause.

Que faire en attendant votre consultation

  • Appelez le 15 et restez en ligne. L'opérateur ou le médecin régulateur vous dira si une équipe part vers vous ou si vous devez vous déplacer. Suivez ses consignes jusqu'au bout, même si vous avez moins mal.
  • Ne mangez rien, ne buvez rien, ne prenez aucun médicament et ne conduisez pas. Asseyez-vous ou allongez-vous, desserrez vos vêtements, ouvrez la porte si vous êtes seul et prévenez un proche de venir ou de rester en ligne avec vous.
  • Si le 15 vous a dit de rester chez vous, ralentissez votre respiration et expirez longuement. Ne buvez pas de café ni de boisson contenant de la caféine : chez les personnes sujettes aux crises d'angoisse, la caféine peut intensifier l'anxiété.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une crise d'angoisse et une crise cardiaque ?

Les deux peuvent provoquer une douleur thoracique, des palpitations, des sueurs et une peur de mourir. La différence ne se fait pas sur la sensation, mais sur l'examen médical et l'électrocardiogramme. Ne restez pas seul à essayer de deviner : c'est exactement le genre de situation où l'avis d'un médecin est indispensable.

J'ai déjà eu des crises d'angoisse. Dois-je encore appeler le 15 ?

Si la crise ressemble exactement aux précédentes et qu'elle survient dans les mêmes conditions, l'urgence est moindre. En revanche, si vous avez plus de 40 ans, si la douleur apparaît à l'effort, si elle dure plus longtemps que d'habitude ou si vous avez un antécédent cardiaque, téléphonez au 15. Le régulateur vous dira ce qu'il faut faire.

Puis-je conduire moi-même pour aller aux urgences ?

Non. Une douleur cardiaque peut provoquer un malaise au volant et mettre en danger votre vie et celle des autres. Appelez le 15 : il peut envoyer une ambulance ou vous indiquer comment être transporté en sécurité. Si vous êtes accompagné, c'est la personne à côté de vous qui doit conduire.

Je suis seul avec un enfant. Comment faire si je dois appeler le 15 ?

Composez d'abord le 15, même si l'enfant est près de vous. L'opérateur vous donnera des consignes simples et enverra des secours si nécessaire. Ne montez pas en voiture avec l'enfant sans l'accord du médecin régulateur : dans une urgence cardiaque, le risque de malaise en route est trop élevé.

Un proche a mal et refuse d'appeler. Que puis-je faire ?

Ne le laissez pas seul. Composez le 15 devant lui si nécessaire et expliquez ce que vous observez. Le médecin régulateur est habitué à ces refus et peut parler directement à la personne. Si elle perd connaissance, devient confuse ou a des sueurs abondantes, il s'agit d'une urgence vitale et les secours doivent intervenir.

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Sources scientifiques

Le contenu de cette page s'appuie sur les revues, méta-analyses et recommandations suivantes, indexées dans PubMed.

  1. Effects of caffeine on anxiety and panic attacks in patients with panic disorder: A systematic review and meta-analysis.Gen Hosp Psychiatry · 2022 · PMID 34871964
  2. Brain Mechanisms Underlying Panic Attack and Panic Disorder.Neurosci Bull · 2024 · PMID 37477800
  3. Pharmacological treatments in panic disorder in adults: a network meta-analysis.Cochrane Database Syst Rev · 2023 · PMID 38014714
  4. Drug treatment for panic disorder with or without agoraphobia: systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials.BMJ · 2022 · PMID 35045991
  5. Panic disorder: A review of treatment options.Ann Clin Psychiatry · 2021 · PMID 33529291

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Ce contenu est rédigé à partir de la littérature scientifique citée ci-dessus, puis relu et validé par Dr Romain Gattegno. Il a une vocation informative et ne remplace ni une consultation, ni un diagnostic, ni une prescription. En cas d'urgence, appelez le 15.