Urgences : y aller ou pas

Un coup sur la tête : quand faut-il appeler le 15 ou aller aux urgences ?

Mis à jour le 7 septembre 2026 · Relu par Dr Romain Gattegno · 6 références scientifiques

Un choc sur la tête arrive sans prévenir : une chute, un accident, un enfant qui joue. Dans la plupart des cas, il suffit de surveiller, mais certaines situations ne se rattrapent pas. Cette page vous aide à savoir si vous devez appeler le 15, consulter un médecin ou simplement rester attentif. Elle ne remplace pas un avis médical.

Quand appeler le 15 sans attendre

  • Perte de connaissance, même de quelques secondes, après le choc.
  • Vomissements répétés, chez l'adulte comme chez l'enfant.
  • Somnolence inhabituelle, difficulté à réveiller la personne, ou comportement anormal.
  • Confusion, propos incohérents, agitation ou troubles de la mémoire.
  • Écoulement de liquide clair ou de sang par le nez ou par une oreille après le choc.
  • Personne sous anticoagulant ou antiplaquettaire, même si elle semble bien.

En cas de doute, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Ces situations relèvent des urgences, pas d'une recherche en ligne.

Où aller, selon votre situation

Entre appeler le 15 et attendre le lendemain, il existe plusieurs recours. Voici lequel correspond à quelle situation.

  1. Appelez le 15 immédiatementAprès le choc, la personne ne respire pas normalement, ne répond pas ou fait une crise.Composez le 15 immédiatement et restez en ligne. Ne la déplacez pas sauf si elle est en danger immédiat. Suivez les instructions du médecin régulateur.
  2. Rendez-vous aux urgencesLa personne a perdu connaissance même brièvement, vomit à plusieurs reprises, semble confuse, présente un écoulement par le nez ou l'oreille, ou prend un anticoagulant.Composez le 15 avant de vous déplacer. Le Samu vous indique si un passage aux urgences est nécessaire et où aller à cet instant. Ne conduisez pas vous-même.
  3. Appelez le 15 avant de vous déplacerLe choc était violent, par exemple une chute, un accident de vélo ou de voiture, mais la personne n'a aucun signe d'alerte et se sent bien.Appelez le 15 pour un avis. Le médecin régulateur évalue si un examen aux urgences, une consultation rapide ou une simple surveillance est adaptée. En cas de doute, c'est lui qui tranche.
  4. Médecin de garde (116 117)Le choc était léger, mais il persiste un mal de tête, des vertiges, une fatigue inhabituelle ou des difficultés de concentration, et le médecin traitant n'est pas joignable.Composez le 116 117 pour joindre le médecin de garde. Si votre médecin traitant est disponible, consultez-le. Si un signe d'alerte apparaît pendant que vous attendez, appelez le 15.
  5. Surveillance à domicileLe choc était anodin, la personne est en bonne santé, ne prend pas d'anticoagulant et ne présente aucun symptôme après plusieurs heures.Restez accompagné, évitez de conduire et ne prenez aucun médicament de votre propre initiative. Surveillez l'apparition des signes d'alerte et appelez le 15 au moindre doute.

L'accès aux urgences est régulé dans un nombre croissant de départements, la nuit en particulier : un appel au 15 avant de se déplacer permet de savoir ce qui est ouvert et accessible près de chez vous à cet instant. Cette page ne peut pas le savoir à votre place.

Pas de signe d'urgence, mais vous voulez y voir clair ?Décrivez ce que vous ressentez : Dokto conduit l'interrogatoire et vous oriente en quelques minutes.

Les questions que votre médecin va vous poser

Un médecin ne cherche pas à deviner : il suit une trame précise pour caractériser un symptôme. Voici celle qui s'applique ici — et ce que vos réponses lui apprennent réellement.

Le choc s'est produit dans quelles circonstances ? Quelle était la violence, quelle hauteur de chute, quel objet ?

Pourquoi cette question : Le mécanisme parle de l'énergie transmise au cerveau. Certains chocs paraissent légers mais sont en réalité violents.

Une chute de hauteur, un accident de vélo ou de voiture, ou un projectile rapide justifie un avis rapide, même en l'absence de symptôme. Un choc survenu en tombant de sa hauteur peut se contenter d'une surveillance.

La personne a-t-elle perdu connaissance, ne serait-ce que quelques secondes ?

Pourquoi cette question : C'est l'un des signes qui fait évoquer une commotion cérébrale.

Une perte de connaissance brève doit amener à une consultation urgente. En revanche, l'absence de perte de connaissance ne garantit pas qu'un choc est sans gravité.

Où avez-vous mal, et le mal de tête augmente-t-il depuis le choc ?

Pourquoi cette question : La douleur peut être simplement due à la bosse, mais elle peut aussi traduire une pression croissante dans le crâne.

Un mal de tête qui s'étend, s'aggrave ou ne s'améliore pas malgré le repos est un signal d'alerte. Une douleur limitée à la zone heurtée est plus rassurante.

Vous sentez-vous normal ? Avez-vous des vertiges, des nausées, des fourmillements ou une gêne pour parler ou bouger ?

Pourquoi cette question : Ce sont les symptômes neurologiques qui déterminent la gravité, plus que la taille de la bosse.

Tout déficit, comme un bras faible, une parole pâteuse, une vision double ou une marche instable, impose un avis en urgence. Si tout est normal, la surveillance à domicile peut être envisagée.

Y a-t-il eu des vomissements ? Un écoulement par le nez ou par une oreille ?

Pourquoi cette question : Ces manifestations peuvent accompagner une commotion ou une brèche des enveloppes du cerveau.

Des vomissements répétés ne sont pas banals, même chez l'enfant. Un liquide clair qui s'écoule du nez ou de l'oreille après un choc justifie un appel au 15.

Prenez-vous un traitement qui fluidifie le sang, comme un anticoagulant ou un antiplaquettaire ?

Pourquoi cette question : Ces médicaments augmentent le risque de saignement à l'intérieur du crâne, même après un choc d'apparence bénigne.

Si la réponse est oui, demandez un avis médical rapidement, sans attendre l'apparition de symptômes.

Les causes les plus fréquentes

Cette liste couvre les situations courantes, pas les cas rares. Seul un examen clinique permet de trancher.

Bosse ou hématome sous le cuir chevelu

C'est la conséquence la plus fréquente d'un coup sur la tête : des petits vaisseaux éclatent sous la peau et forment une bosse. Cette bosse n'est pas grave en elle-même, mais elle ne permet pas de dire si le cerveau a été touché. La surveillance reste nécessaire dans les heures qui suivent.

Commotion cérébrale, aussi appelée traumatisme crânien léger

Le cerveau a été secoué à l'intérieur du crâne, sans saignement. Les symptômes habituels sont le mal de tête, les vertiges, la fatigue et des troubles de concentration. Ils disparaissent souvent en quelques jours, mais il est prudent de consulter pour organiser une reprise progressive des activités, notamment à l'école ou au sport.

Saignement à l'intérieur du crâne

Rare, mais c'est la complication à ne pas manquer. Le sang s'accumule et comprime le cerveau, parfois de façon retardée. Le risque existe surtout après un choc violent, chez les personnes âgées ou chez celles qui prennent un traitement anticoagulant. Les signes d'alerte doivent faire appeler le 15 immédiatement.

Traumatisme chez l'enfant ou la personne âgée

Chez l'enfant, un choc peut survenir pendant un jeu et paraître bénin, mais les vomissements et la somnolence doivent être pris très au sérieux. Chez la personne âgée, le cerveau est plus fragile et le moindre choc peut avoir des conséquences. Dans ces deux cas, un avis médical rapide est plus prudent, même si les signes semblent discrets.

Que faire en attendant votre consultation

  • Ne partez pas seul et ne conduisez pas vous-même. Le choc peut ralentir les réflexes sans que vous vous en rendiez compte. La personne qui vous accompagne pourra aussi décrire les circonstances et surveiller votre état.
  • En attendant l'avis du 15 ou du médecin, ne mangez pas et ne buvez pas. Si un examen ou un geste s'impose, avoir l'estomac vide évite des complications. Vous pouvez appliquer un linge froid sur la bosse pour calmer la douleur.
  • Ne prenez aucun médicament de votre propre initiative dans les heures qui suivent. Certains traitements contre la douleur peuvent modifier la vigilance ou masquer une aggravation.

Questions fréquentes

Un choc sans aucun symptôme peut-il quand même être dangereux ?

Le plus souvent non, mais certaines complications se manifestent après un délai de quelques heures. C'est pourquoi il est recommandé de rester accompagné, de surveiller l'apparition des signes d'alerte et de demander un avis en cas de doute, surtout chez un enfant, une personne âgée ou une personne sous anticoagulant.

Faut-il réveiller la personne toutes les heures après un choc ?

La règle du réveil systématique toutes les heures n'est plus recommandée. L'important est de pouvoir la réveiller normalement et de vérifier qu'aucun signe d'alerte n'apparaît. Si elle est difficile à réveiller, parle bizarrement ou vomit, appelez le 15.

Une grosse bosse signifie-t-elle un choc plus grave ?

Non. La taille de la bosse dépend surtout de la fragilité des vaisseaux sous la peau. Un petit choc peut faire une grosse bosse, et un choc important peut ne laisser aucune trace visible. C'est l'état neurologique de la personne et son évolution qui guident la décision.

Mon enfant vient de tomber sur la tête : dois-je l'emmener aux urgences ?

S'il a perdu connaissance, vomit plusieurs fois, est anormalement somnolent ou ne réagit pas comme d'habitude, composez le 15. S'il pleure mais reprend vite un comportement normal, vous pouvez aussi appeler le 15 pour un avis : il vous dira si un déplacement est nécessaire ou si une surveillance simple suffit.

Dois-je appeler le 15 ou me rendre directement aux urgences ?

Dans un nombre croissant de départements, l'accès aux urgences est régulé et passe par un appel au 15, surtout la nuit et le week-end. Le 15 connaît les structures ouvertes et adaptées à votre situation. En cas de signe d'alerte, c'est donc le bon réflexe, avant même de monter en voiture.

Obtenez une orientation claire, maintenantUn interrogatoire structuré, un compte-rendu PDF à transmettre à votre médecin.

Sources scientifiques

Le contenu de cette page s'appuie sur les revues, méta-analyses et recommandations suivantes, indexées dans PubMed.

  1. Clinical Policy: Critical Issues in the Management of Adult Patients Presenting to the Emergency Department With Mild Traumatic Brain Injury: Approved by ACEP Board of Directors, February 1, 2023 Clinical Policy Endorsed by the Emergency Nurses Association (April 5, 2023).Ann Emerg Med · 2023 · PMID 37085214
  2. Physical Therapy Evaluation and Treatment After Concussion/Mild Traumatic Brain Injury.J Orthop Sports Phys Ther · 2020 · PMID 32241234
  3. The management and rehabilitation of post-acute mild traumatic brain injury.Brain Inj · 2022 · PMID 35152817
  4. Diagnosis and Management of Mild Traumatic Brain Injury in Children: A Systematic Review.JAMA Pediatr · 2018 · PMID 30193325
  5. Blood-based biomarkers of inflammation in mild traumatic brain injury: A systematic review.Neurosci Biobehav Rev · 2022 · PMID 34826510
  6. Post-Concussion Symptoms and Disability in Adults With Mild Traumatic Brain Injury: A Systematic Review and Meta-Analysis.J Neurotrauma · 2023 · PMID 36472218

Sur le même sujet

Ce contenu est rédigé à partir de la littérature scientifique citée ci-dessus, puis relu et validé par Dr Romain Gattegno. Il a une vocation informative et ne remplace ni une consultation, ni un diagnostic, ni une prescription. En cas d'urgence, appelez le 15.